Dimanche 28 juin 2009
Le coulage d'une dalle est toujours un moment important... Durant cette journée, nous sommes passés de la joie au desespoir...
Aprés avoir contacté le négoce quelques jours auparavant pour vérifier que la commande était toujours valide, tout aurait du se dérouler sans problème...
7h30 ; arrivée de la pompe et premier soucis. Refus de la pompe d'avancer sur l'accés...
Résumé de la discussion ;
Bonjour, pourquoi n'avancez vous pas sur l'accés?
Parceque avec le tuyau ça sera assez long.
Oui mais la manipulation est difficile et dangeureuse vous le savez bien...
En plus votre accés n'a pas l'air fiable...Je suis un professionnel, je sais de quoi je parle...
Je n'en doute pas mais des doubles semis remorque de 15 tonnes ont quand même réussi à s'y mettre et il n'y a eu aucun problème. Je peux vous aider si vous voulez...
Je suis responsable de mon matériel, si vous n'êtes pas content j'enchaine sur le chantier suivant.... J'ai déjà fait 100km pour venir dans votre coin paumé, soyez déjà bien content...
Du coup, il faudra mettre la rallonge du tuyau (grosse galère à manipuler)
Les fondations sont coulées : pas de problèmes si ce n'est que le béton est trop liquide. (arrivée tel quel de la centrale).
La 2ème toupis enchaine mais au bout d'une minute de largage, je constate que le béton contient de gros galets...
On stoppe tout et vérification du nom du béton sur le bon de livraison : tradiplan.
Panique à bord.. car ce béton là c'est pour les dalles pleine et pas les poutrelles hourdis..
Appel au négoce; résumé de la discussion...
Bonjour, je crois qu'il y a un problème sur la livraison du béton...
Ah bon c'est à dire?
Vous m'avez fait livré du béton pour radier et il me fallait un poutrelle hourdis...
Ah oui effectivement.. c'est pas grave ça passe quand même. Vous inquietez pas ça sera aussi solide...
Vous rigolez ou quoi!!!! comment vous faite pour talocher un béton à fondation sur une dalle qui doit faire 5cm!!! Je vous passe notre maçon...
(insulte des 2 cotés..).
Bon de toute façon, la toupis est déjà entamé, vous vous débrouillez avec et je change le reste de la livraison... par contre il faudra un peu de temps...
On décide alors de remplir le chainage, l'escalier et une partie de la terrasse.
Il fait déjà plus de 25° sur le chantier et le pumi n'a pas d'eau pour liquéfier le béton... La prise est extremement rapide.. Le talochage démarre en même temps. Grosse galère, les galet sont énormes, il faut forcer comme des dingues pour lisser le tout.
Nos amis étant des vrais pro, ils arrivent quand même à avoir un beau résultat. Mais une tension est palpable dans les esprits...
Entre temps, 2 autres toupis arrivent mais ce sont celles du mauvais béton.. Je l'ai renvois.
Insultes des chauffeurs...
Puis 2 heures aprés une première toupis de bon béton arrive. Pas de problèmes mais le pompiste a disparu...
Aprés recherches, on le retrouve en pleine discussion avec notre voisin à quelques champs plus loin...
Pas de problème, j'arrive dans 10 min... On a un point commun avec votre voisin, on aime les chevaux... etc.
Rappel à l'ordre et discussion musclée...
Faut vous calmer monsieur, si vous êtes pas content, je me barre, déjà qu'on prend du retard avec votre chantier, comment je fais moi aprés pour aller manger?
La connerie n'a vraiment aucune limite.
Finalement 1 heures aprés le bon béton, 2 autres toupis arrivent mais nouvel incident.
Résumé de la discussion :
Excusez moi, mais cela fait une heure que la pompe est arrétée, et le béton de la dalle a déjà pris... C'est pas le cas dans la pompe, elle risque pas d'être bouchée?
Mais non, ne vous inquietez pas. j'ai l'habitude, on enverra la sauce à fond... ça la purgera.
Le pompiste allume à fond... le tuyau se dilatte sous nos yeux... Juste le temps de faire quelques pas en arrière et c'est la détonation... Le béton est projetté à une dizaine de mêtre et le tuyau part dans tous les sens... Des rupteurs sont arrachés et des hourdis sont éclatés.Des graviers sont envoyés dans toutes les directions et à plus de 30 mêtres, on entend les impacts sur le camion.
Heureusement personne n'est blessée.
Mais un gravier a traversé le par brise et est venu se loger dans le siège du conducteur (vide heureusement).
Nouvelles insultes du pompiste...
J'essaye de calmer tout le monde... et finalement aprés réparations des rupteurs et des hourdis endommagés, le dernier camion se vide sans problème.
Cependant, avec la dernière toupis, je constate que le bon béton a une drôle de texture...
Je demande au chauffeur si y a pas eu un problème à la centrale...
Résumé de la disussion :
Bah à priori oui.. ils ont oublié de mettre le sable... mais ça reste entre nous... J'ai pas le droit de vous le dire sinon je me fais virer...
Je perds mon sans froid... et insulte en tout genre.
Appel du responsable de la centrale qui dit qu'il arrive dans la demi heure.
A son arrivée, le responsable devient blanc... Effectivement Mr, il y a un problème, je vais vérifier les ordinateurs...
1 heure aprés, coup de téléphone... Il y a effectivement une erreur de ganulométrie. On doit faire un carottage pour savoir si cela va tenir ou pas...
Et si ça tient pas? Eh bah il faut détruire la dalle et la recommencer... quelle idée de mettre des hourdis en PSE aussi, si c'était en béton, on aurait pu recouler directement dessus...
On fera le carottage la semaine prochaine et le résultat dans 15 jours... Entre temps, vous ne touchez à rien.
Dés son départ, c'est l'effondrement. Je m'isole un moment pour éviter que la famille me voit dans cet état.
Entre temps, la famille rattrape les défauts de surface en faisant du mortier. La surface est lissée.
Visuellement la dalle est parfaite et on peut poser directement la finition dessus.
Les rupteurs sont à fleur de dalle.
Actuellement c'est l'effondrement le plus totale, nous avions déjà eu des baisses de morale mais celle çi nous dépasse.
Je réalise une nouvelle fois la difficulté à gérer un chantier et à prendre les bonnes décisions dans l'urgence. Vérifier le matériel, la compétence, envisager les imprévus tout en protégeant les personnes qui nous aide etc...
Le plus difficile à accepter c'est de se dire qu'on ne peut même pas faire confiance à des professionnels.
Cela renforce à la fois notre sentiment d'autoconstruire mais en même temps cela nous met fasse à notre incompétence se mettre dans la peau de tous les corps de métier.
Si cela se trouve, le seul moment où nous avons fait confiance à un professionnel va entrainer une démolition de travail réalisé...
Maintenant c'est l'attente et le stress.
Aprés avoir contacté le négoce quelques jours auparavant pour vérifier que la commande était toujours valide, tout aurait du se dérouler sans problème...
7h30 ; arrivée de la pompe et premier soucis. Refus de la pompe d'avancer sur l'accés...
Résumé de la discussion ;
Bonjour, pourquoi n'avancez vous pas sur l'accés?
Parceque avec le tuyau ça sera assez long.
Oui mais la manipulation est difficile et dangeureuse vous le savez bien...
En plus votre accés n'a pas l'air fiable...Je suis un professionnel, je sais de quoi je parle...
Je n'en doute pas mais des doubles semis remorque de 15 tonnes ont quand même réussi à s'y mettre et il n'y a eu aucun problème. Je peux vous aider si vous voulez...
Je suis responsable de mon matériel, si vous n'êtes pas content j'enchaine sur le chantier suivant.... J'ai déjà fait 100km pour venir dans votre coin paumé, soyez déjà bien content...
Du coup, il faudra mettre la rallonge du tuyau (grosse galère à manipuler)
Les fondations sont coulées : pas de problèmes si ce n'est que le béton est trop liquide. (arrivée tel quel de la centrale).
La 2ème toupis enchaine mais au bout d'une minute de largage, je constate que le béton contient de gros galets...
On stoppe tout et vérification du nom du béton sur le bon de livraison : tradiplan.
Panique à bord.. car ce béton là c'est pour les dalles pleine et pas les poutrelles hourdis..
Appel au négoce; résumé de la discussion...
Bonjour, je crois qu'il y a un problème sur la livraison du béton...
Ah bon c'est à dire?
Vous m'avez fait livré du béton pour radier et il me fallait un poutrelle hourdis...
Ah oui effectivement.. c'est pas grave ça passe quand même. Vous inquietez pas ça sera aussi solide...
Vous rigolez ou quoi!!!! comment vous faite pour talocher un béton à fondation sur une dalle qui doit faire 5cm!!! Je vous passe notre maçon...
(insulte des 2 cotés..).
Bon de toute façon, la toupis est déjà entamé, vous vous débrouillez avec et je change le reste de la livraison... par contre il faudra un peu de temps...
On décide alors de remplir le chainage, l'escalier et une partie de la terrasse.
Il fait déjà plus de 25° sur le chantier et le pumi n'a pas d'eau pour liquéfier le béton... La prise est extremement rapide.. Le talochage démarre en même temps. Grosse galère, les galet sont énormes, il faut forcer comme des dingues pour lisser le tout.
Nos amis étant des vrais pro, ils arrivent quand même à avoir un beau résultat. Mais une tension est palpable dans les esprits...
Entre temps, 2 autres toupis arrivent mais ce sont celles du mauvais béton.. Je l'ai renvois.
Insultes des chauffeurs...
Puis 2 heures aprés une première toupis de bon béton arrive. Pas de problèmes mais le pompiste a disparu...
Aprés recherches, on le retrouve en pleine discussion avec notre voisin à quelques champs plus loin...
Pas de problème, j'arrive dans 10 min... On a un point commun avec votre voisin, on aime les chevaux... etc.
Rappel à l'ordre et discussion musclée...
Faut vous calmer monsieur, si vous êtes pas content, je me barre, déjà qu'on prend du retard avec votre chantier, comment je fais moi aprés pour aller manger?
La connerie n'a vraiment aucune limite.
Finalement 1 heures aprés le bon béton, 2 autres toupis arrivent mais nouvel incident.
Résumé de la discussion :
Excusez moi, mais cela fait une heure que la pompe est arrétée, et le béton de la dalle a déjà pris... C'est pas le cas dans la pompe, elle risque pas d'être bouchée?
Mais non, ne vous inquietez pas. j'ai l'habitude, on enverra la sauce à fond... ça la purgera.
Le pompiste allume à fond... le tuyau se dilatte sous nos yeux... Juste le temps de faire quelques pas en arrière et c'est la détonation... Le béton est projetté à une dizaine de mêtre et le tuyau part dans tous les sens... Des rupteurs sont arrachés et des hourdis sont éclatés.Des graviers sont envoyés dans toutes les directions et à plus de 30 mêtres, on entend les impacts sur le camion.
Heureusement personne n'est blessée.
Mais un gravier a traversé le par brise et est venu se loger dans le siège du conducteur (vide heureusement).
Nouvelles insultes du pompiste...
J'essaye de calmer tout le monde... et finalement aprés réparations des rupteurs et des hourdis endommagés, le dernier camion se vide sans problème.
Cependant, avec la dernière toupis, je constate que le bon béton a une drôle de texture...
Je demande au chauffeur si y a pas eu un problème à la centrale...
Résumé de la disussion :
Bah à priori oui.. ils ont oublié de mettre le sable... mais ça reste entre nous... J'ai pas le droit de vous le dire sinon je me fais virer...
Je perds mon sans froid... et insulte en tout genre.
Appel du responsable de la centrale qui dit qu'il arrive dans la demi heure.
A son arrivée, le responsable devient blanc... Effectivement Mr, il y a un problème, je vais vérifier les ordinateurs...
1 heure aprés, coup de téléphone... Il y a effectivement une erreur de ganulométrie. On doit faire un carottage pour savoir si cela va tenir ou pas...
Et si ça tient pas? Eh bah il faut détruire la dalle et la recommencer... quelle idée de mettre des hourdis en PSE aussi, si c'était en béton, on aurait pu recouler directement dessus...
On fera le carottage la semaine prochaine et le résultat dans 15 jours... Entre temps, vous ne touchez à rien.
Dés son départ, c'est l'effondrement. Je m'isole un moment pour éviter que la famille me voit dans cet état.
Entre temps, la famille rattrape les défauts de surface en faisant du mortier. La surface est lissée.
Visuellement la dalle est parfaite et on peut poser directement la finition dessus.
Les rupteurs sont à fleur de dalle.
Actuellement c'est l'effondrement le plus totale, nous avions déjà eu des baisses de morale mais celle çi nous dépasse.
Je réalise une nouvelle fois la difficulté à gérer un chantier et à prendre les bonnes décisions dans l'urgence. Vérifier le matériel, la compétence, envisager les imprévus tout en protégeant les personnes qui nous aide etc...
Le plus difficile à accepter c'est de se dire qu'on ne peut même pas faire confiance à des professionnels.
Cela renforce à la fois notre sentiment d'autoconstruire mais en même temps cela nous met fasse à notre incompétence se mettre dans la peau de tous les corps de métier.
Si cela se trouve, le seul moment où nous avons fait confiance à un professionnel va entrainer une démolition de travail réalisé...
Maintenant c'est l'attente et le stress.
Par Eric
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Publié dans : Carnet de Bord
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Communauté : Autoconstructeur
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